Le Carnaval

Le Carnaval de Guadeloupe

Aaaah le Carnaval, cette période de l’année où l’on va regarder chaque week-end les défilés d’une commune à l’autre, où beignets et cornets de pistaches se vendent comme des petits pains, où l’esprit carnavalesque nous envahit aux sons des chachas, des tambours, des conques de lambis ou encore des fouets.

Aujourd’hui, je vous emmène en plein mois de Février, en Guadeloupe, pour découvrir un Carnaval plus que mémorable.

Histoire et traditions du Carnaval

Des origines diverses et variées

Le carnaval est à l’origine Européen. Il s’agit alors d’une fête qui précède le Carême, période où l’on pratique abstinence et jeûne, selon la religion Catholique.

Le Carnaval aux Antilles Françaises, rattachée à la culture Européenne mais également aux coutumes afro-amérindiennes, est un mélange de toutes ces traditions passées.

Ici, je me pencherais principalement sur le Carnaval de Guadeloupe, car chaque île a sa propre manière de fêter le Carnaval.

Une naissance au sein des régimes coloniaux

Lorsque les colons débarquent aux Antilles au XVII Siècle, ils y emmenèrent avec eux leurs us et coutumes, le Carnaval en faisant partie.

Il s’agissait à l’époque de festivités masquées, accompagnées de grandes réceptions au sein de leurs habitations coloniales, pour entamer à la suite de ces fêtes les 40 jours de Carême.

Les esclaves, quant à eux, n’ayant pas accès à ce type de privilèges, étant à cette époque où le Code Noir les définissait comme étant des biens meublés, n’avaient pas le droit de participer à ces événements.

Ainsi, ils créèrent leurs propres carnavals, dans leur quartier, avec le mélange de leurs diverses cultures. Au travers de chants, instruments de musique et croyances, ils réalisaient des défilés musicaux au sein des habitations avec l’accord de leurs maîtres.  

Les esclaves inventent et fêtent leur propre carnaval

Des chants dénonciateurs

Les paroles des chants carnavalesques permettaient de dénoncer les atrocités vécues ainsi que leur souhait de révolte envers leurs maîtres. Des messages forts de sens pour divulguer et dénoncer l’autorité coloniale.

Un événement culturel à part entière

Aujourd’hui, le Carnaval est un événement à part entière que l’on prépare en amont, une vraie activité extra-scolaire ou extra-professionnelle, avec des répétitions pour les chorégraphies et des essayages pour les costumes réalisés sur-mesure. Il s’agit là d’une occasion de se libérer du quotidien, de rencontrer et créer des liens et s’amuser tout en participant quelque part à la culture de la Guadeloupe.

Il débute le dimanche après l’Epiphanie et prend fin le Mercredi des Cendres, les jours mémorables étant les « Jours Gras » avec le Dimanche gras où se déroule la Grande Parade.

Prestation de danse devant le jury du groupe Magma

Mais qui est Vaval ?

Emblème du Carnaval et véhicule de messages

Vaval, c’est le roi du Carnaval. Personnage emblématique, il aborde un sujet social, politique ou environnemental, généralement sous le portrait d’un personnage ou d’un événement qui aura marqué l’année en cours. Il est synonyme de purification et nouveau départ pour l’année qui suit.

En 2019, Vaval abordait le problème de l’eau avec la pollution de celle-ci au Chlordécone en Guadeloupe, ainsi que les coupures d’eau récurrentes.

La réalisation de Vaval

Grande sculpture réalisée la plupart du temps en carton et en papier mâché, il peut mesurer jusqu’à 3 mètres.

Sa présence lors des défilés

Il défile pendant les jours gras et notamment le Dimanche Gras lors de la Grande Parade et lorsqu’arrive la fin du Carnaval, il est brûlé le Mercredi des Cendres, jour marquant la fin des festivités pour laisser place au Carême.

Les groupes carnavalesques et leurs tenues

Il existe 5 catégories de groupes carnavalesques :

Les « gwoup a po » (groupes à peaux )

Premièrement, nous commencerons avec les groupes à peaux. Ce sont des groupes qui, pour la fabrication de leurs différents tambours, utilisent des peaux animales (ex : cabri), d’où leur nom. Les deux groupes les plus connus de cette catégorie étant Akiyo et Voukoum.

Défilé du groupe Akiyo (à droite: tenue réalisée à partir de feuilles de bananes / à gauche : homme recouvert d’agile et patchwork de tissus)

Parfois couverts d’argiles ou de « gwo siwo » ou vêtus de tenues faites de récupération, de tissus ou de feuilles de bananes, ces groupes font aujourd’hui parties intégrantes du Carnaval avec de vrais messages sociétaux, politiques ou économiques à dénoncer.

Les « gwoup a Mass » (groupes à Mass)

Ils sont assez faciles à reconnaître étant donné qu’ils défilent avec des masques. Ce sont des groupes qui ambiancent la parade et se distinguent surtout à travers leur chorégraphie. Le groupe le plus important dans cette catégorie à ce jour est le groupe « Mass Moul’ Massif » originaire de la ville du Moule.

Ils délivrent des messages du quotidien avec humour et utilisent principalement le steel pan et les sifflets en guise d’instruments.

Les « gwoup a Kèss Klè » (groupes de caisses claires)

Ce sont les groupes les plus nombreux, pleins de couleurs au niveau des costumes et utilisent des instruments à cuivres comme le saxophone et la trompette.

Les « groupes de synthé »

Ils se composent d’orchestres d’instruments électriques tels que le synthétiseur principalement et la guitare qui suivent des camions aménagés de grosses enceintes et de groupes électrogènes.

Ce sont des groupes qui ont vu le jour principalement à Basse-Terre et à Morne-à-l’Eau.

Ils n’ont pas vraiment de costumes car leur défilé porte principalement sur la musique.

Les autres groupes

Il y a également des groupes que l’on ne peut classer, étant des groupes d’autres communautés. En effet ils ont leur propre particularité, qu’ils viennent des îles voisines comme Haïti ou la Dominique mais également de l’Hexagone comme par exemple Bagad-Karukéra, groupe breton qui mélange le son du Ka et de la cornemuse.

Venez le vivre pour le croire!

Il y aurait tant à dire sur l’histoire du Carnaval et ce qui le compose tellement il est riche !

Ce qui est sûr, c’est que le Carnaval de Guadeloupe est un événement à vivre pour y ressentir l’énergie qui s’en dégage, qu’il s’agisse de la musique ou pour en prendre pleins les yeux avec les différentes parades pleines de couleurs. Mais j’aurais l’occasion de revenir dessus avec d’autres articles le détaillant encore plus et je vous laisse avec une vidéo extraite de la parade du Dimanche Gras du Carnaval 2020:

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